Théo Rivoire : « Villiers est un partenaire privilégié ! »

Chef de la mission Radicalisation au sein de la Préfecture du Val-de-Marne, Théo Rivoire (cf photo : 3e en partant de la gauche) est en contact régulier avec les différentes communes du département. Il s’est rendu le 1er février 2021 au collège Pierre et Marie Curie pour assister à l’intervention « Radicalisation et Sport » et a accepté de nous donner ses impressions.

Quel regard portez-vous sur cette action mise en place par le C.L.S.P.D. et le service des Sports autour de la thématique « Radicalisation et Sport » ?

Tout d’abord, nous avons la chance d’avoir comme partenaire la mairie de Villiers. Il s’agit d’une action exceptionnelle dans son caractère innovant qui fait le consensus parmi les différents acteurs impliqués. Cette action s’inscrit sur le long terme (sur un an), ce qui est inédit et demande énormément d’énergie et de temps. A Villiers, le travail autour de la thématique « radicalisation » a démarré avec le spectacle « Lettre à Nour » en 2019 et ce fut déjà une réussite.

Aborder la radicalisation via le spectre du sport, est-ce une bonne alternative ?

Clairement, la radicalisation dans le sport existe et il y a un vrai travail à faire dessus. Comme dans toute la société, le sport est touché par des phénomènes de radicalisation. Par des actes, des exclusions de certaines catégories, des changements de pratiques ou autre, la radicalisation dans le sport est un phénomène difficile à identifier et à prendre en compte. Partant de ce constat, je pense effectivement que c’est une bonne idée, tout en gardant à l’esprit que le sport est un lieu de socialisation, de valeurs et souvent un loisir qui doit être accessible à tous

Pensez-vous qu’intervenir ainsi auprès du jeune public est une des solutions pour combattre la radicalisation et surtout éclairer davantage sur ce terme ?

Éduquer est un processus long, au même titre que la radicalisation d’une personne se fait sur le long terme. Pour lutter efficacement contre ce fléau, il faut adopter la même démarche via l’éducation et l’information. Il me semble donc impératif d’informer les jeunes sur ce que c’est et quelles formes cela peut prendre.

L’aspect ludique en matière de sensibilisation peut-il les captiver davantage ?

Les intervenants (C.L.S.P.D. et service des Sports) ont fait le choix judicieux d’une approche ludique mais adaptée surtout aux collégiens. Ils sont partis d’une référence que les jeunes connaissent, à savoir l’univers Star Wars, et force est de constater que cela fonctionne. Les élèves s’interrogent, interagissent et participent activement aux interventions.

Quelle est la stratégie établie au niveau préfectoral pour lutter contre la radicalisation, un mal de plus en plus présent dans notre société ?

Notre mission s’articule autour d’un plan interministériel pluri-annuel : au cours de l’année, nous finançons plusieurs actions qui sont mises en place par différents acteurs (communes, associations…) et coordonnées par des acteurs étatiques (l’Éducation Nationale notamment). L’idée pour nous est d’être sur 2 axes complémentaires : d’un côté la prévention avec ces actions financées et une aide apportée aux familles (avec la Cellule de Prévention de la Radicalisation et d’Accompagnement des Familles), de l’autre l’aspect « lutte » avec le suivi des individus radicalisés et la lutte contre le communautarisme. Bien évidemment, cette stratégie implique de nombreux acteurs, que ce soit des associations, des collectivités, des services de l’État, etc.

Des actions de ce genre sont t-elles amenées à se développer dans le département ?

Comme je l’ai dit précédemment, Villiers est un partenaire vraiment privilégié et de fait, les actions aussi originales et variées sont rares. Je tiens vraiment à souligner le professionnalisme des acteurs et leur motivation, on sent qu’ils y croient. Pour les actions qui seront financées au titre du Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (F.I.P.D.R.) de 2021, nous sommes preneurs de tout projet original tant que la finalité de l’action et les compétences des intervenants sont démontrées.

Quels sont les projets que vous entendez mener à bien pour cette année ?

Hélas, du fait de la crise sanitaire qui nous frappe tous, de nombreuses actions n’ont pas pu se concrétiser (formations en présentiel, pièces de théâtre) : l’impact du COVID-19 est indéniable. Il me paraît donc important de réfléchir au contexte actuel pour adapter les futures actions financées.

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