À Villiers, la question du logement dépasse depuis longtemps le simple enjeu de construction. Elle touche à quelque chose de plus profond, la possibilité, pour des habitants, de continuer à vivre dans leur ville sans voir leur avenir repoussé toujours plus loin par la hausse des prix de l’immobilier.
Dans une métropole où devenir propriétaire relève souvent du parcours inaccessible, notamment pour les jeunes ménages et les classes moyennes, la municipalité a fait le choix de défendre une accession à la propriété plus juste, plus encadrée, mais sans jamais renoncer à l’exigence architecturale ni à l’identité urbaine de la commune.
C’est dans cette logique que Villiers a progressivement développé le Bail Réel Solidaire (BRS), un dispositif encore méconnu, mais qui transforme déjà concrètement les parcours résidentiels de nombreuses familles.
Car contrairement aux idées reçues, le Bail Réel Solidaire n’est pas un « logement low cost » ou une version dégradée de l’accession à la propriété. La philosophie du dispositif est précisément inverse. Ce qui est réduit, ce n’est pas la qualité du logement, mais le poids du foncier dans le prix final.
Le principe repose sur une dissociation entre le terrain et le bâti. L’acquéreur devient pleinement propriétaire de son logement, mais le terrain reste détenu par un Organisme de Foncier Solidaire. Cette mécanique permet de faire baisser fortement les prix d’achat tout en empêchant la spéculation immobilière excessive à la revente.
À Villiers, cette approche est devenue un véritable outil politique d’aménagement urbain.

Pour la municipalité, il ne s’agit pas simplement de produire des logements supplémentaires. Il s’agit de permettre à des habitants qui travaillent, élèvent leurs enfants ou ont grandi à Villiers de ne pas être exclus de leur propre ville par les mécanismes du marché immobilier francilien.
Depuis plusieurs années, le Maire défend une ligne constante : préserver un parcours résidentiel accessible pour les familles villiéraines tout en maintenant une ambition forte sur la qualité architecturale des opérations et le confort des logements.
Cette volonté s’oppose à deux dérives que la municipalité refuse, d’un côté, une ville qui deviendrait inaccessible à ses propres habitants ; de l’autre, une urbanisation standardisée, dense et sans âme, pensée uniquement sous l’angle de la rentabilité foncière.
« Nous refusons une urbanisation standardisée. Nous exigeons des projets durables, harmonieux et valorisants pour notre patrimoine communal »
, rappelait ainsi le maire lors de l’inauguration de la résidence Cours Mansart.
Cette phrase résume à elle seule l’esprit dans lequel le Bail Réel Solidaire est déployé à Villiers.