Villiers Infos : Comment passe-t-on d’un cycliste occasionnel à un adepte des voyages à vélo ?
Mike Amar : Comme tout le monde, je faisais du vélo étant gamin mais à la base j’étais plus porté sur le football. En 2013, c’est en voyant sur Facebook une publicité évoquant un itinéraire permettant de rejoindre Londres en vélo que l’idée m’est venue de tenter le coup. Cette possibilité de partir à l’aventure et de se déplacer loin m’ont parlé. J’ai proposé à l’époque à mon ami Alex de rejoindre Dieppe en Normandie, et après avoir acheté des vélos d’occasion, on s’est lancé ! Tous les deux adeptes de la phrase « Ne limite pas tes défis, défie tes limites », on a pu se confronter sur la route à ce côté « dépassement de soi ». Assez vite, on a recommencé et entre 2013 et 2020, j’ai enchaîné pas mal de voyages à vélo à travers la France.
VI. : En 2021, vous vous lancez avec votre ami Alex dans votre premier long trajet européen Oslo-Paris ?
M.A. : En fait, j’ai toujours eu une attirance pour les pays du Nord. Ce voyage vers la Scandinavie, c’était au départ un objectif pour ma retraite. Ce rêve me vient de mon père qui avait rejoint la Finlande en 2 CV ! Au moment de l’épidémie de COVID en 2020, je me suis lancé dans une reconversion professionnelle et après un bilan de compétence, j’ai passé un BPJEPS pour devenir éducateur sportif spécialisé en cyclisme. Le fait de quitter le salariat m’a permis d’avoir plus de temps et de liberté pour me lancer dans un tel voyage. C’est avec ce voyage qu’on a créé avec mon ami Alex le compte « Veloxplorer », avant tout pour partager nos aventures avec nos proches. L’expérience nous a tellement plu qu’on a eu envie d’en refaire d’autres !

VI. : Comment se prépare-t-on pour ce type d’expérience ?
M.A. : Une chose est sûre : on ressent toujours la même excitation avant chaque départ ! D’ailleurs, la nuit précédant le départ, je dors généralement assez peu. Niveau préparation, ce qui a le plus évolué, c’est le matériel. Lors de mon premier trajet jusqu’à Dieppe, j’avais un vélo d’occas’ à 220 €. Aujourd’hui, j’ai un vélo tout en carbone à 4 000 €, une tente légère, un antivol alarme et un GPS Garmin pour suivre mon tracé à chaque étape. Physiquement, comme je roule pas mal à l’année, ça va plutôt bien. Le plus dur, c’est d’être prêt psychologiquement à enchaîner les étapes. Mais malgré les galères et les difficultés qu’on a pu rencontrer (rencontres fortuites avec des chiens, orages et pluies diluviennes, recherches de lieux pour dormir…), on a fait tellement de belles rencontres et vu tellement de beaux endroits, qu’on a toujours envie d’y retourner. En 2023, on a d’ailleurs fait Lisbonne-Paris et en 2025 Istanbul-Paris, notre plus long voyage à ce jour.


VI. : Quels sont vos prochains projets ?
M.A. : Niveau voyage, on aimerait compléter la côte du Nord avec Alex en faisant Dieppe-Dunkerque et sinon, on a des idées comme rallier Cap Nord (Au-delà du cercle polaire), le point le plus au nord de la Norvège, depuis Oslo ou encore traverser la Grande-Bretagne. En parallèle, je continue à développer mes activités en faisant des interventions « mobilité » en entreprise, dans les EHPAD et les écoles, je fais des sorties vélo avec des jeunes du club de Clamart et je suis également sollicité par des agences de voyage pour encadrer des groupes pour des séjours à vélo. Autant de projets qui reflètent une passion du vélo que j’aimerais aussi partager localement. Étant Villiérain depuis 28 ans, j’aimerais y développer des projets d’animation autour du vélo.

VI. : Quels conseils donneriez-vous à une personne souhaitant se lancer dans ce type d’aventure à vélo ?
M.A. : Au-delà d’avoir un vélo et un équipement adaptés, de bien s’hydrater, de manger régulièrement et pas trop lourd, je lui dirai de ne pas viser trop gros en préparant son itinéraire.
Mike Amar – @a.deux.roues (Instagram)